The Second Global Conference on World's Religions After September 11
Theme: Peace Through Religion
Montreal, September 7, 2011

A Report, by Professor Steven T. Katz

One effect of the cataclysmic events of September 11, 2001 was to make religion a bad word, a byword for evil. But that something can be put to evil use does not necessarily mean that the thing itself is evil. Nuclear power can obliterate cities; it can also generate electricity. It therefore makes more sense to consider it as a force – a natural force – neutral in itself, which can be put to good or evil use. From such a perspective, religion may be viewed as a force in human affairs, which can be harnessed for good or evil; to brand it as evil is to shortsightedly foreclose the possibility of religions serving as a positive resource for human flourishing. The first global conference on the World's Religions After September 11 had its genesis in this conviction. It met from September 11-15, 2006 at the Palais des Congrés in Montreal; its theme was: Can Religion Be A Force For Good? It was attended by 2025 delegates from 84 countries and yielded the insight, which like many great insights appears obvious in retrospect, that religions become a force for good when they work with each other, and a force for evil when they work against each other. Hence this one-day second global conference on World's Religions After September 11, which met in Montreal at the Palais des Congrés on September 7, 2011, which sought to bring religions on a common platform through the theme of Peace Through Religion.

The conference commenced with a press conference with Professor Tariq Ramadan, Professor Robert Thurman, Professor Gregory Baum, and Professor Steven Katz, and subsequently with the Dalai Lama. The conference proper consisted of three sessions. In the first session, the Dalai Lama was welcomed by Dean Ellen Aitken on behalf of McGill University, by Doyen Jean-Claude Breton on behalf of the University of Montreal and the francophone community of Canada; and by Mme Nycole Turmel, Interim Leader of Opposition, on behalf of Canada. His Holiness' talk on "Peace Through Ethics" was followed by an extended Q&A session. Along with the general message of tolerance ("live your religion but respect other religions"), the Dalai Lama emphasized the need for more contact among religions, such as was being promoted by the present conference, and more engagement among religions at the local level. In the post-luncheon second session, Dr. Deepak Chopra spoke on "Spirituality Through Ethics" and emphasized the need for religions to keep up with the digital age in his inimitable style, pointing out that the twitter response to his question, "Is religion the solution or the problem?" identified religion as the problem without a single exception. The third session consisted of a panel discussion on "Peace Through Religion". Professor Thurman offered a detailed account of the views of the Dalai Lama on this point, leavened with humour; Professor Tariq Ramadan emphasized the need to engage not just in inter-faith but intra-faith dialogue and to challenge one's own co-religionists with courage if they advocated violence; Professor Baum emphasized the need for organized religion to embrace marginalized communities and thus secure peace through justice; and Professor Katz advocated the cultivation of an epistemological modesty in the face of the transcendent nature of ultimate reality, which rendered any monopolistic claim by any religion about possessing it untenable.

The conference ended with the formal adoption of the following three resolutions by the more than two thousand participants present: (1) Resolved that a course in World's Religions should be taught wherever the confessional study of religion is carried out – in a seminary, or Yeshiva, or Madrasah, or Hindu Matha or Buddhist monastery – provided that it has been approved by the apex body of that religion. (2) Resolved that violating the sanctity of the scripture of any religion, amounts to violating the sanctity of the scriptures of all religions. (3) Resolved that the religions of the world should come together to formulate a Universal Declaration of Human Rights by the World's Religions, which would embody their vision of human flourishing, and which would supplement the U.N. Declaration. These resolutions constitute the legacy of the conference.

While the conference was on it was webcast live, its proceedings were graphically recorded, and children played chess nearby for promoting peace.



Les religions pour la paix

Transcript of the remarks made by Gregory Baum

We who are gathered here are lovers of peace. I shall make my statement on peace in French since the monopoly of a single language produces tensions in Canada and other parts, rendering peace-making more difficult.

Le meilleur de nos traditions religieuses promeut la paix dans le monde. La Conférence mondiale des religions pour la paix a, en effet, publié plusieurs belles déclarations montrant que les religions nourrissent l'aspiration à la paix et l'appui aux mouvements de paix dans le monde.

Malheureusement, les religions suscitent aussi des conflits. Il y a, dans les religions, une tendance à diviser les humains entre 'nous' et 'les autres,' entre nous qui vivons dans la vérité et les autres qui vivent dans l'ignorance. Sans le vouloir, on invente un vocabulaire qui exprime un mépris pour ceux et celles qui ne partagent pas notre foi. Heureusement, par ailleurs, au XXe siècle, des mouvements importants ont essayé de changer cela, de favoriser le respect mutuel entres les religions et de promouvoir le dialogue interreligieux. Nous qui assistons à ce congrès sont tous des héritiers de ces mouvements. C'est le ciel dans notre coeur qui nous a rendus capables de travailler ensemble en faveur de la paix.

Dans les quelques minutes qui m'ont été données, je veux réfléchir sur un sujet qui produit des conflits entre les religions. Ce sujet est le prosélytisme. Je commence mes réflexions en rappelant une conférence interreligieuse qui a eu lieu en 2000 en Macédoine, le seul pays créé après le démembrement de la Yougoslavie, où il n'y avait pas encore une éruption de violence. Mais il y avait des tensions. Les représentants des communautés religieuses de ce pays se sont rencontrés pour discuter ce qu'ils devraient faire pour éviter un éclatement de la violence. Les religions représentées en Macédoine étaient l'Église Orthodoxe du pays, les musulmans d'origine albanaise, et une minorité de juifs et de protestants. Pour aider leur réflexion, ils avaient invité Asghar Engineer, penseur musulman d'un autre pays, connu par sa sagesse. S'adressant à eux il a rappelé que les chrétiens ont la mission de convertir le monde et les musulmans ont leur dawa, leur mission, mais si vous faites cela ici, dit-il, vous provoquez une explosion de violence. Dans la tradition musulmane, dit-il, préserver la paix a la priorité sur la mission. Après cette intervention, les représentants religieux se sont dits : notre choix est entre le dialogue et la mort.

Aujourd'hui, on est en droit de se demander si la situation en Macédoine ne correspond pas à la situation du monde actuel. Aujourd'hui, en effet, la paix sociale exige que les religions se respectent mutuellement, qu'elles pratiquent le dialogue et qu'elles essaient de collaborer en faveur du bien commun. C'est un défi, particulièrement pour les chrétiens et les musulmans. Les uns et les autres ont reçu la mission de propager leur foi à travers le monde. Mais ils ont reçu aussi le commandement d'aimer leur prochain et de vivre en paix dans leur communauté. Dans ces deux traditions, il y a aujourd'hui un débat entre ceux qui appuient le dialogue interreligieux et ceux qui pensent qu'il faut viser la conversion des autres. C'est un débat important.

Moi, je suis catholique. Dans mon Église il n'y a pas unanimité à l'égard du dialogue interreligieux. Certains textes publiés par le cardinal Ratzinger, avant de devenir le pape Benoît XVI, rappellent aux catholiques engagés dans le dialogue interreligieux que le but ultime de cette activité est la conversion de leur partenaire à la foi chrétienne. Cette attitude a été fortement critiquée dans l'Église catholique. Grâce à la déclaration « Une parole commune entre nous et vous, » rédigée en 2007 par un groupe de penseurs musulmans, Benoît XVI a changé son attitude : il reconnaît maintenant l'importance du dialogue interreligieux et promeut la coopération entre les adeptes des différentes religions. Pendant son voyage en Palestine en 2009, ce même Benoît XVI a constaté que le dialogue interreligieux cherche la vérité pratique, c'est à dire un ensemble de normes qui permettent à tous de vivre dans la paix et dans le respect mutuel. En 2010, pendant son voyage en Angleterre, il a même déclaré devant des représentants de diverses religions que nous sommes tous des chercheurs, tous cherchant la sagesse dans notre propre tradition. Nous sommes tous en quête d'une vérité qui nous dépasse.

La pratique des catholiques varie beaucoup d'un pays à l'autre. Je suis content de constater que les grandes Églises catholiques et protestantes d'Europe et d'Amérique du Nord ont décidé de ne faire aucun effort pour persuader les immigrants récents non-chrétiens à devenir chrétiens. Au contraire, elles demandent à leurs membres de respecter les nouveaux arrivés, de les défendre contre les préjugés répandus dans la population, et de les aider à se sentir chez eux dans leur nouveau pays. Il faut ajouter qu'au Canada le multiculturalisme introduit par le gouvernement fédéral et l'interculturalisme du Québec favorisent le respect pour le pluralisme religieux.

Il y a des régions où le prosélytisme reste problématique. Je viens de lire le livre Proselytism Revisited, un recueil d'articles dirigé par Rosalind Hacket, dont la première partie analyse les conflits produits dans certains pays par l'activité missionnaire. La liberté religieuse définie par la Déclaration universelle des droits humains présuppose la situation existante dans les pays occidentaux où la religion et la culture sont des réalités distinctes et où il est possible de changer de religion sans modifier sa relation à la culture. Situation très différente dans bien des régions du monde, dans lesquelles la pratique et les symboles religieux font partie de la culture et en sont des facteurs intégrants. Ici changer de religion implique une rupture avec la culture du pays et produit l'isolement du converti. Quand une telle conversion demeure un fait rare, la culture traditionnelle n'est pas menacée, mais si tout un mouvement organisé cherche à convertir la population, la culture du pays se trouve alors remise en question. En d'autres termes, dans un tel contexte l'action missionnaire n'est pas seulement une oeuvre spirituelle; elle constitue aussi un effort politique pour changer l'identité culturelle du pays.

Exemple particulièrement dramatique d'un tel mouvement est l'évangélisation des peuples autochtones au Canada au XVIIIe et XIXe siècle. L'action missionnaire entreprise par des hommes spirituels et généreux s'entremêlait avec une oeuvre politique visant l'intégration de ces peuples dans une nouvelle culture. On voulait faire des autochtones des sujets du roi. De leur côté, dans le livre Proselytism Revisited, des intellectuels africains se plaignent que la christianisation effectuée dans les colonies en Afrique a fait un grand dommage à la culture africaine inscrite dans les pratiques religieuses de ces peuples.

La liberté religieuse protège l'individu qui cherche la vérité et veut pratiquer sa foi. C'est une exigence morale fondamentale. Mais est-ce que le principe de la liberté religieuse fonde le droit de mettre en marche une organisation visant la conversion d'une population appartenant à la religion traditionnelle de son pays. C'est une question qui mérite d'être débattue.

Il vaut la peine de se rappeler que l'Organisation des Nations Unies qui protège la liberté religieuse a aussi reconnu de façon formelle le droit des peuples à l'autodétermination culturelle. Ce qui est difficile, c'est de trouver un équilibre ou un compromis entre les deux droits, la liberté religieuse des individus et l'effort d'une société à protéger sa culture contre les influences étrangères. C'est un tel équilibre que nous cherchons au Québec : d'un côté, nous appuyons les droits et libertés civiles, de l'autre, nous avons des lois qui protègent la petite société francophone contre la puissante langue du continent nord-américain.

Peut-être vous demandez-vous comment les Églises chrétiennes au Canada ont réagi à l'action militaire canadienne en Afghanistan. Le Conseil canadien des Églises chrétiennes, n'étant pas convaincu de la rationalité éthique de cette guerre, a adressé plusieurs lettres au gouvernement: on l'invitait à aider les Afghans à reconstruire leur pays et à abandonner les actions militaires dans ce pays. Il faut ajouter tout de suite que les chefs religieux de notre pays n'ont pas fait un grand effort pour que cette critique de la guerre soit connue dans les paroisses et les congrégations. L'intervention des Églises, n'ayant pas l'appui de la population, n'as pas pu influencer notre gouvernement.

L'espoir que j'ai pour l'avenir des relations interreligieuses se fonde sur une expérience précieuse vécue en Afrique du Sud. Coordonné par Charles Villa-Vicencio, un livre recueille des articles d'auteurs de religions différentes qui présentent les raisons pour lesquelles ils ont pris, à l'époque, le risque de lutter contre l'apartheid dans leur pays. L'auteur musulman dit que c'était sa foi musulmane qui l'a pressé à s'engager dans cette lutte. L'auteur chrétien raconte qu'il a été motivé par sa foi chrétienne. Un auteur hindou et un auteur bouddhiste, eux aussi, ont été convaincus de la nécessité de s'engager dans cette lutte par leur foi religieuse. Et l'article d'un auteur non-croyant explique que sa motivation venait de la tradition humaniste. Cette expérience montre qu'il est possible d'être uni dans l'action tout en restant fidèle aux valeurs de sa propre tradition. Cette expérience a nourri mon espoir dans l'avenir de l'humanité.

Pour nous conforter dans notre engagement pour la paix, je veux rapporter un événement extraordinaire qui a eu lieu au Nigéria, un pays où le conflit entre chrétiens et musulmans a un impact néfaste sur la société et a même provoqué des tueries des deux côtés. Parmi les militants il y avait le pasteur James Wuye et l'imam Mohammed Ashafa. Des expériences religieuses ont convaincu les deux leaders que la haine et le mépris contredisaient les valeurs de leur foi religieuse. Les deux se sont sentis appelés par Dieu à devenir des agents de la paix. Devenus amis, ils ont initié un projet de formation adressé aux villageois de leur pays pour les aider à trouver des gestes de réconciliation et à promouvoir la paix sociale. Le film 'L'imam et le pasteur' présente cette histoire merveilleuse. L'imam et le pasteur y racontent ce qui leur est arrivé: ils sont passés d'une attitude haineuse au repentir; ils ont découvert la vocation d'inspiration divine à travailler pour la paix dans leur pays.

La grande question que les croyants de toutes les religions doivent se poser, c'est la valeur du pluralisme religieux devant le ciel. Bien des croyants fidèles à leur tradition ont peur que l'ouverture aux autres religions équivaut à une chute dans le relativisme, à l'idée que toutes les religions se valent. D'autres croyants pensent que, même s'il y a des différences essentielles entre les religions, elles sont toutes appelées par le ciel à se respecter mutuellement et à coopérer au service du bien commun de l'humanité. Il me semble qu'on ne peut plus éviter de se situer devant cette grande interrogation: La pluralité des religions est-elle une faille de l'histoire humaine destinée à être dépassée et remplacée par la présence universelle d'une seule religion? Ou bien, cette pluralité est-elle voulue par le ciel comme une expression de la richesse transcendante du mystère divin dans lequel nous sommes appelés à vivre?

Pour ma part, à l'intérieur de mon Église, je défends la position théologique, possiblement minoritaire, que nous, les chrétiens, nous devons nous réjouir du pluralisme religieux dans le monde et remercier Dieu qui en est l'auteur.




         Visit Us on

 

Universal Declaration of Human Rights by the World's Religions Universal Declaration of Human Rights by the World's Religions Déclaration universelle des droits de la personne par les religions du monde Declaración Universal de Derechos Humanos por las Religiones del Mundo Allgemeine Erklärung der Menschenrechte der Religionen der Welt